
Le monde du football africain est en ébullition. Alors que les projecteurs de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2025 au Maroc viennent de s’éteindre, un parfum de scandale et d’amertume flotte sur le continent.
Ce qui devait être une fête du sport s’est transformé, pour beaucoup, en un véritable traumatisme national pour le Sénégal. Aujourd’hui, des voix influentes et respectées du milieu footballistique, telles que Nabil Djellit et Thierry Henry, sortent du silence pour dénoncer ce qu’ils qualifient de « complot » et d’« injustice historique » contre les Lions de la Teranga.
L’onde de choc a débuté dès l’annonce de l’équipe type du tournoi. Comment expliquer l’absence de certains cadres sénégalais, pourtant impériaux tout au long de la compétition ? Nabil Djellit a été le premier à poser la question qui brûle les lèvres de tous les supporters : où est passé le mérite sportif ? Pour le célèbre consultant, le fait d’avoir privilégié des joueurs marocains au détriment de Sénégalais ayant réalisé des performances de très haut niveau, notamment face à l’Égypte et lors d’une finale d’anthologie, est la preuve irréfutable d’une influence politique dépassant le cadre du terrain
La polémique ne s’arrête pas aux récompenses individuelles. Elle s’enracine profondément dans le déroulement même de la finale contre le Maroc. À la 92e minute, une action litigieuse a fait basculer le destin de la rencontre, laissant les joueurs sénégalais et leur staff dans une incompréhension totale face au mutisme de l’arbitrage. Pierre Ménès, connu pour son franc-parler, n’a pas hésité à utiliser des mots très durs, allant jusqu’à évoquer une corruption systémique au sein de l’arbitrage africain. Selon lui, le niveau d’incompétence — ou de partialité — affiché lors de ce match crucial discrédite totalement l’instance dirigeante du football africain.
Thierry Henry, bien que plus mesuré dans sa forme, a partagé cette immense frustration. Pour l’ancienne star des Bleus, l’arbitre n’était tout simplement pas à la hauteur de l’événement. Cette incapacité à gérer la pression d’une finale dans un contexte aussi tendu soulève une question de fond : est-il temps de faire appel à des arbitres européens pour les phases finales de la CAN afin de garantir une neutralité absolue ? L’idée gagne du terrain tant le sentiment d’avoir été « manipulé » est fort du côté sénégalais.
Au cœur des critiques se trouve également la Confédération Africaine de Football (CAF) et l’influence grandissante de certaines fédérations nationales, notamment celle du Maroc. Le rôle de Fouzi Lekjaa, président de la Fédération Royale Marocaine de Football et membre influent de la CAF, est scruté de près. Pour les détracteurs, les décisions de l’instance semblent de plus en plus alignées sur les intérêts de certains pays hôtes plutôt que sur l’intérêt général du football africain. Cette situation crée une scission dangereuse entre les nations et alimente une rancœur qui pourrait durer des années.
Face à cette crise, le gouvernement sénégalais, par la voix de son Premier Ministre Ousmane Sonko, a tenté d’apporter un message de résilience et de calme à un peuple blessé. Sur ses réseaux sociaux, le dirigeant a tenu à saluer le courage des Lions, rappelant qu’ils restent des champions dans le cœur des Sénégalais, malgré les obstacles « malhonnêtes » dressés sur leur chemin. Ce soutien au plus haut sommet de l’État montre que l’affaire a largement dépassé le simple cadre sportif pour devenir une question de fierté nationale.
Aujourd’hui, le Sénégal réclame justice. Entre les sanctions jugées injustes et le sentiment d’avoir été spolié d’un deuxième titre consécutif, la plaie est béante. Les supporters, invités à exprimer leur solidarité dans les commentaires et sur les réseaux sociaux, voient en cette épreuve un symbole de résilience, à l’image des grands leaders africains. La question reste désormais de savoir si la CAF saura réagir et entreprendre les réformes nécessaires pour laver les soupçons de corruption qui entachent son image, ou si le football africain continuera de s’enfoncer dans des polémiques qui ternissent son immense talent. Une chose est certaine : le combat pour la vérité ne fait que commencer.