ALHOUSSEIN MAKANERA KAKÉ OU L’ART DE PERDRE UN DUEL LITTÉRAIRE, VOIRE INTELLECTUEL, AVANT MÊME DE L’ENGAGER

Les internautes guinéens assistent depuis quelques jours à une joute médiatique opposant M. Tibou KAMARA à M. KAKÉ Alhoussein Makanera, dans le sillage de la sortie très médiatisée du premier tome de l’ouvrage de M. KAMARA, « Coup d’État contre Alpha CONDÉ ».
Ce duel, loin d’élever le débat, installe un malaise intellectuel évident. Les mots employés sont durs, parfois excessifs, des deux côtés. Au-delà de ces échanges virulents, dont j’ai déjà dénoncé certains propos tenus par M. KAMARA à l’encontre de M. KAKÉ, il est difficile de rester indifférent face à l’ampleur prise par cette confrontation virtuelle.
Je ne connais personnellement ni l’un ni l’autre, mais je ne peux rester silencieux devant des attaques d’un niveau si bas, qui contribuent à entretenir cette pyramide inversée caractérisant trop souvent la vie publique guinéenne.
Les deux dernières sorties de M. KAKÉ, visant à accréditer l’idée que M. KAMARA n’aurait même pas obtenu son baccalauréat, constituent une insulte intellectuelle non seulement envers l’intéressé, mais aussi envers ceux qui valorisent l’intelligence, l’effort et le travail.
Faut-il encore démontrer que M. KAMARA demeure l’un des « meilleurs d’entre nous » sur le plan intellectuel ? Je suis loin de partager toutes ses positions ou ses choix politiques, et je pense l’avoir montré dans mes premières impressions sur son livre : Le coup d’État contre Alpha CONDÉ ou quand tout le monde tombe… sauf l’image d’Alpha CONDÉ et celle de Tibou KAMARA !
Mais il reste inacceptable qu’il soit pris pour cible par des individus, qui s’autorisent à lui adresser des remarques sur son niveau intellectuel et, a fortiori, des critiques sur son style rédactionnel.
Dans ce contexte, il est d’autant plus surprenant de voir M. Alhoussein Makanéra KAKÉ s’ériger en arbitre du style et de la pensée, surtout lorsqu’il s’en prend à M. Tibou KAMARA, journaliste professionnel, fondateur de journal et ancien directeur de rédaction bien avant d’être ministre. Comme le rappelait M. KAMARA lui-même avec l’ironie qui le caractérise, « son passé est l’avenir » de certains de ses contradicteurs. Difficile de trouver formule plus adaptée au cas de M. KAKÉ.
On peut, bien sûr, ne pas partager les positions de M. KAMARA. Encore faut-il disposer du recul nécessaire pour en débattre. Son parcours, journaliste aguerri, fondateur de journal, directeur de rédaction, plusieurs fois ministre, et auteur de plus de deux décennies d’analyses structurées et de contributions régulières sur la toile guinéenne parlent pour lui. Ce qui, manifestement, n’est pas donné à tout le monde.
M. Kaké accuse M. KAMARA d’aligner des noms comme NAPOLÉON, CLÉMENCEAU ou DIDEROT pour « masquer son vide ». C’est amusant : dans la plupart des milieux cultivés, cela s’appelle simplement avoir des références. Mais il est vrai que, pour qui n’a jamais fréquenté ces hauteurs, la simple évocation d’un classique peut donner le vertige.
Quant au style de M. KAKÉ, il possède ce charme brut des paroles jetées sur le papier sans filtre, sans travail, sans relecture, comme la transcription spontanée d’une conversation improvisée. Une écriture très… authentique. Le contraste avec la plume de M. KAMARA est si saisissant qu’on pourrait parler d’un véritable choc stylistique : d’un côté, la réflexion ; de l’autre, une spontanéité désordonnée.
M. KAKÉ, si d’aventure ces lignes vous parviennent, permettez une suggestion : entourez-vous d’un conseiller éditorial ou d’un professionnel de la communication. Ce n’est nullement une honte ce serait même un progrès salutaire.
Il est tout de même regrettable qu’un bachelier et de surcroit un ancien ministre de la Communication produise une correspondance d’un niveau aussi scolaire. Vous écrivez exactement comme vous parlez, sans effort de construction, comme si la simple transcription de votre voix suffisait à faire office de style.
Taliby DIANÉ