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FÉDÉRATION GUINÉENNE DE FOOTBALL : SORY DOUMBOUYA OÙ LE FAUX PROCÈS

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Une conversation audio de 2 et 5 minutes virale sur le net faisant état d’un présumé échange entre le Président de la Fédération Guinéenne de Football et un footballeur, manifestement tenté par l’aventure, auquel il conseille de rester d’abord en Guinée, avoir une visibilité au Milo avant d’entamer une carrière professionnelle à l’international fait objet d’exploitation excessive de la part de ses adversaires pour faire le procès de Monsieur Sory DOUMBOUYA. À tort

La question fondamentale aujourd’hui est de savoir si le fait de demander à un jeune footballeur pas si mûr de rester dans le championnat Guinéen (même à travers son club le Milo) Monsieur Sory DOUMBOUYA viole t-il un seul article du code d’éthique de la FIFA ou de la Fédération Guinéenne de Football ? Fait-il preuve d’abus de pouvoir en exerçant une pression quelconque sur le joueur ou prodigue t-il des conseils utiles à un fils ignorant tout des pièges qui l’attendent sur le chemin d’une aventure professionnelle risquée ?

Est-il oui ou non dans son rôle de défenseur du Football Guinéen ?

Ces audios font-ils transparaître une forme de pression sur les arbitres au profit du Milo FC ?

Les enquêtes, s’il y a lieu, devraient porter sur ces éléments et tant d’autres afin de déterminer si la gestion humaine, financière et matérielle du Président de la Fédération Guinéenne de Football, à travers ces audios, est répréhensible par rapport aux textes régissant le fonctionnement du Football Guinéen.

En attendant, il est impératif de souligner, avant toute agitation ou agissement, que le cumul des fonctions de président de Fédération nationale et de Président de club n’est pas explicitement interdit par les règlements généraux de la FIFA.

Dans certains pays, ce sont les Présidents de Fédérations une fois élus qui s’appliquent volontairement la mesure pour éviter les conflits d’intérêts et garantir l’impartialité.

En France, si Monsieur Noël Le GRAËT, élu Président de la Fédération Française de Football en 2011 a volontairement quitté cette année la Présidence du Club En Avant Guingamp, personne n’a mis en cause son statut de principal dirigeant du club acquis depuis 1971.

Cependant, durant sa présidence entre 2011 et 2023, M. Noël LE GRAËT a fait face à des critiques et soupçons de conflits d’intérêts liés à de présumés avantages préférentiels accordés à son club, notamment en matière de subventions ou de décisions influencées au sein de la Fédération.

Sa gestion a été également marquée par des polémiques, notamment des enquêtes pour harcèlement moral et sexuel avec des milliers de SMS sexistes découverts dans les portables de ses victimes, des propos déplacés qui ont favorisé la contestation de sa gouvernance menant à sa démission en 2023.

Au Royaume Cherifien, Monsieur Fouzi LEKJAA, vice-président de la CAF, membre du Conseil de la FIFA, élu Président de Fédération royale en 2014 n’a volontairement quitté la présidence de son club, l’AS Berkane qu’en 2019 à cause de ses charges devenues lourdes notamment de ministre du Budget, soit 5 ans après son élection comme Patron du Football Marocain. Il continue d’être présent encore aujourd’hui à tous les rendez-vous nationaux et internationaux de l’AS Berkane.

Tout près de nous, au Sénégal, Monsieur Augustin Emmanuel SENGHOR, élu Président de la Fédération Sénégalaise de Football entre 2009 et 2024 a toujours gardé sa présidence de l’US Goré où il a été porté depuis 2002. Même Président de l’UFOA et vice-président de la CAF, M. SENGHOR est demeuré Président de l’US Goré.

Mais, l’exemple le plus percutant est celui du Grand Patron du Football Africain, Monsieur Patrice MOTSEPE, élu Président de la CAF et vice-président de la FIFA en 2021 garde toujours les rênes du club Sud-africain, Mamelodi Sundowns comme Président-Propriétaire depuis 2004.

Il faut rappeler que le Code d’éthique de la FIFA impose des normes strictes d’intégrité et de neutralité.

Un Président de Fédération doit veiller aux intérêts du football national dans son ensemble.

Le code d’éthique de la FIFA, notamment via son article 15, impose un strict devoir de neutralité aux dirigeants officiels et acteurs du football, interdisant toute ingérence politique ou prise de position pouvant nuire à l’intégrité et à la réputation du sport. Cette obligation vise à protéger l’image du football.

En Guinée, les Présidents de clubs qui sont devenus Présidents de la Fédération ont toujours gardé le cordon ombilical avec leurs clubs gérés comme des propriétés privées. Président de la Fédération Guinéenne de Football de 2017 à 2021, Monsieur Antonio Mamadou SOUARÉ n’a jamais quitté le Horoya AC même théoriquement, il recrutait lui-même les joueurs en Guinée et à l’étranger, assistait à tous les matchs de ce club en Guinée et à l’extérieur jusqu’à son départ en 2021 pour son implication reconnue dans les jeux de Paris sportifs, ce qui est un véritable conflit d’intérêt formellement interdit par le Code d’éthique de la FIFA.

Monsieur Boubacar SAMPIL a théoriquement démissionné de la présidence mais ne s’est jamais éloigné de l’AS Kaloum dans les faits. Son malheur est venu de sa gestion de la Fédération Guinéenne de Football contestée par les membres du Comité exécutif d’où sa destitution prématurée un peu plus d’un an après son élection en janvier 2024.

À partir de là, même si Monsieur Sory DOUMBOUYA a volontairement aussi quitté la présidence du Milo FC, il est malsain de lui reprocher de garder quelques liens avec ce club. C’est un faux procès que de vouloir lui reprocher des liens avec son club.

Il faut simplement verifier si dans sa gestion de la Fédération Guinéenne de Football en tant que Président, M. DOUMBOUYA favorise les intérêts du Milo Fc au détriment du Football Guinéen et des autres clubs. Si, c’est le cas, il est coupable d’abus de pouvoir et de conflits d’intérêts passibles de poursuites. En revanche, si les faits démontrent le contraire, il est légitime pour son honneur que Monsieur Sory DOUMBOUYA porte plainte pour diffamation.

Précision notable, il existe en Guinée, une Ligue de Football Professionnel Autonome chargé d’organiser le championnat. Le Président de la Fédération Guinéenne de Football interfère t-il ou influence t-il les décisions de cette instance en faveur du Milo FC ?

 

Oumar Sylla

 

 

 

 

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