LA JUSTICE FRANÇAISE REFUSE DE REMETTRE HALIMA BEN ALI, FILLE CADETTE DE L’ANCIEN PRÉSIDENT, À LA TUNISIE

Accusée par Tunis d’infractions financières, Halima Ben Ali avait été arrêtée à Paris fin septembre 2025.
« Cette décision est un immense soulagement » a déclaré son avocate, pour qui renvoyer sa cliente en Tunisie serait revenu à « une condamnation à mort ».
La justice française a refusé de remettre à la Tunisie Halima Ben Ali, cadette de l’ex-autocrate tunisien Zine El Abidine Ben Ali, selon un délibéré rendu mercredi 1er avril par la cour d’appel de Paris, compétente en matière d’extradition.
Les autorités tunisiennes accusent principalement Halima Ben Ali, interpellé à l’automne 2025 dans un aéroport parisien, d’infractions financières. Vivant et travaillant à Dubaï, elle s’apprêtait à prendre l’avion pour rentrer chez elle après un séjour parisien. Lors des débats sur la demande d’extradition, son avocate, Me Samia Maktouf, avait assuré que renvoyer sa cliente en Tunisie reviendrait à « une condamnation à mort ».
« Cette décision est un immense soulagement, la justice est passée et nous ne pouvons qu’être satisfaits qu’elle ait pris une décision conforme au droit », a déclaré l’avocate à l’issue de ce délibéré. Halima Ben Ali, présente, s’est refusée à toute déclaration.
La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris, compétente en la matière, a justifié sa décision, entre autres, par l’absence de réponse de la Tunisie sur les demandes de la justice française en matière d’indépendance et d’impartialité des autorités tunisiennes.
LE CONTRÔLE JUDICIAIRE DE HALIMA BEN ALI EST LEVÉ
La justice française a constaté également une absence de réponse à ses demandes concernant les conditions de détention qui auraient été réservées à Halima Ben Ali en Tunisie et aux recours à sa disposition en cas de mauvais traitements. La cour d’appel a également levé le contrôle judiciaire de la fille de l’ancien président, désormais libre de ses mouvements.
Les infractions financières imputées par la Tunisie pourraient lui valoir jusqu’à vingt ans d’emprisonnement. Il est notamment question de blanchiment de capitaux provenant des fonds liés à l’exercice du pouvoir de son père.
Le 14 janvier 2011, Zine El Abidine Ben Ali avait fui son pays après vingt-trois ans au pouvoir. Il était parti accompagné de sa seconde épouse, Leïla Trabelsi, avec leur fille Halima et leur fils Mohamed Zine El Abidine. L’ancien autocrate, décédé en 2019, a passé les huit dernières années de sa vie en exil en Arabie saoudite, où sa veuve réside toujours.
(Avec AFP)