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SÉCURITÉ PRÉSIDENTIELLE : L’ARCHEVÊQUE DE CONAKRY, VINCENT COULIBALY ÉVINCÉ DE SON DOMICILE À LA MINIÈRE

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À quelques heures du scrutin présidentiel du 28 décembre, la capitale guinéenne vit au rythme d’un resserrement sécuritaire sans précédent.

Le général Mamadi Doumbouya, chef de la junte et candidat à sa propre succession, semble avoir fait de la sécurité une obsession politique, au point de redessiner les contours résidentiels de Conakry — quitte à bousculer les équilibres civils et religieux.

 

Une résidence présidentielle qui dérange

Le 24 décembre, à la veille de Noël, un communiqué officiel de l’Archevêché de Conakry a révélé que Mgr Vincent Coulibaly, archevêque métropolitain, a été contraint de quitter sa résidence de Stella Maris, située à la Minière. Motif invoqué : des « mesures de sécurité » liées à la proximité de la nouvelle résidence présidentielle, récemment achevée dans le même quartier. Le ministère de l’Urbanisme lui aurait attribué un logement provisoire ailleurs dans la capitale.

Ce départ forcé, sur fond de tension électorale, soulève des interrogations. Plusieurs voisins de la résidence présidentielle affirment avoir reçu des injonctions similaires, évoquant des pressions indirectes et des justifications sécuritaires floues. Le quartier de la Minière, autrefois paisible, devient une zone à accès restreint, quadrillée par des dispositifs de surveillance sophistiqués.

Une navigation résidentielle permanente

Depuis plusieurs mois, Mamadi Doumbouya alterne entre plusieurs lieux de résidence : le palais Mohammed V, l’île de Kassa, et désormais cette nouvelle demeure à la Minière. Ce nomadisme présidentiel, loin d’être anodin, s’inscrit dans une stratégie de protection renforcée. Selon des sources concordantes, le chef de la junte aurait personnellement supervisé l’installation d’un système de sécurité de pointe dans sa nouvelle résidence, incluant brouilleurs de signal, caméras thermiques et contrôle biométrique des accès.

 

Une campagne sous silence, une capitale sous contrôle

La campagne présidentielle, qui s’est achevée le 25 décembre, s’est déroulée dans une atmosphère morose, marquée par l’absence des figures majeures de l’opposition et une mobilisation populaire en berne. Mamadi Doumbouya, pourtant initialement engagé à ne pas se présenter, a modifié la constitution en septembre pour légaliser sa candidature. Depuis, les signaux de méfiance se multiplient : réunions de crise au palais Mohammed V, renforcement de l’opération « Roméo », arrestations ciblées de militaires, et surveillance accrue des collaborateurs.

 

Une crise de confiance au sommet

Le Conseil Supérieur de Défense Nationale, réuni à deux reprises en novembre, a acté une doctrine sécuritaire rigide : « la stabilité du pays ne fera l’objet d’aucune négociation ». Cette posture, martelée par Doumbouya lui-même, semble s’étendre au tissu civil, religieux et résidentiel. Le départ de Mgr Coulibaly, figure respectée de l’Église catholique, en est une illustration frappante.

 

Une démocratie sous verrou ?

À l’approche du scrutin, la Guinée semble vivre une transition verrouillée. Le climat sécuritaire, loin de rassurer, révèle une architecture du pouvoir fondée sur la méfiance, le contrôle territorial et la marginalisation des voix dissidentes. Le déplacement de l’archevêque, les évictions silencieuses à la Minière, et la militarisation rampante de Conakry posent une question cruciale : jusqu’où peut aller la sécurité présidentielle sans empiéter sur les droits fondamentaux des citoyens ?

 

Source: KoumaMedia

 

 

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